Créé(e) 20/03/2019 Mis à jour 10/04/2019
20 mar
2019
CHUBACARC  : un inventaire de la biodiversité des sources hydrothermales du Pacifique

La région du Sud-Ouest du Pacifique et ses sites hydrothermaux profonds font aujourd’hui, de plus en plus l’objet de permis d’exploration par des compagnies minières internationales au risque de voir disparaitre la biodiversité locale. Le 25 mars prochain, une trentaine de scientifiques embarqueront pour la mission CHUBACARC à bord du navire océanographique L’Atalante afin d’étudier cinq de ces zones hydrothermales du Pacifique. Leurs objectifs : établir un état de référence de l’écosystème hydrothermal profond et évaluer la capacité de résilience de ces sites ciblés pour l’exploitation des ressources minières.

Suivez le carnet DE BORD de l'expédition sur facebook > https://www.facebook.com/chubacarc/

L’histoire tectonique du Sud-Ouest du Pacifique, débutée il y a 25 millions d’années, a abouti à la formation de nombreuses zones géographiquement isolées qui aujourd’hui abritent, une faune hydrothermale similaire. Dans quelle mesure, l’existence de ces multiples communautés voisines, peut–elle favoriser la restauration naturelle des sites soumis à l’exploitation minière ? En d’autres termes, les populations des zones hydrothermales proches et non impactées par l’homme peuvent-elles au fil du temps recoloniser par la propagation de leurs larves les zones dont la biodiversité aurait été détruite ? C’est la question au centre du projet CHUBACARC, coordonnée par Stéphane Hourdez, chercheur à l’Observatoire Océanologique de Banyuls (CNRS / Sorbonne Université), et Didier Jollivet, chercheur à la Station Biologique de Roscoff (CNRS / Sorbonne Université).

Pour y répondre les équipes scientifiques partenaires du projet, membres de la Station Biologique de Roscoff, de l’Observatoire Océanologique de Banyuls, de l’Université de Montpellier, de l’Ifremer et de l’Université de Lille embarqueront le 25 mars prochain pour une mission de près de 70 jours à bord de L’Atalante. Cinq sites répartis sur une distance totale d’environ 5 000 km seront étudiés : le bassin de Manus, le bassin de Woodlark, le Bassin Nord-Fidjien, Futuna et le bassin de Lau.

Les scientifiques réaliseront un inventaire exhaustif de la faune ainsi que des caractéristiques physico-chimique des fluides hydrothermaux et des roches des cinq bassins, à partir des échantillons prélevés à des profondeurs comprises entre 1100 et 3500 mètres par le ROV Victor, robot d’exploration téléopéré depuis le navire L’Atalante.

Avec ces données les scientifiques visent à inventorier les espèces dans les différents bassins. Ils vont également identifier les similarités et les différences génétiques au sein d’une même espèce présente dans les cinq sites hydrothermaux, afin de reconstruire l’histoire de la colonisation des différents sites et déterminer la capacité d’échanges d’individus entre les sites. Les connaissances acquises devraient permettre de mieux comprendre les facteurs contrôlant la biodiversité hydrothermale et d’apprécier la capacité de résilience en cas d’exploitation des sites. 
Une connaissance qui sera essentielle pour définir un cadre réglementaire et assurer la préservation de cette faune hydrothermale unique dans le cadre de l’exploitation de ces sites qui débutera dès 2020 sur un site du bassin de Manus.

Au cours de cette mission, des visioconférences grand public seront programmés depuis L’Atalante, en lien avec l’exposition Océan : une plongée insolite qui se tiendra du 3 avril 2019 au 5 janvier 2020 dans la grande galerie d’exposition du Muséum National d’Histoire Naturelle. Une page Facebook sera également régulièrement alimentée pour permettre à chacun de découvrir le quotidien de la mission océanographique.

 

Contact presse :
 

Pauline Bleunven, Station Biologique de Roscoff  (CNRS / Sorbonne Université)
, 02 98 29 25 30

 

Contacts chercheurs

Didier Jollivet, Chercheur CNRS
Laboratoire Adaptation et  Diversité en Milieu Marin
Station Biologique de Roscoff Rosccoff (CNRS / Sorbonne Université)

, tel. 33 02 98 29 23 67

 

Stéphane Hourdez, Chercheur CNRS
Laboratoire d’Ecogéochimie des Environnements Benthiques (LECOB)
Observatoire Océanologique de Banyuls (CNRS / Sorbonne Université)

, 04 30 19 24 46