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Ouest France - Jeudi 03 septembre 2009TARA - Une expédition scientifique Interview de Eric Karsenti, co-directeur de l'expédition « L’océan est essentiel à la régulation du climat » |
Actu-Environnement.com - 28/08/2009Le phytoplancton marin au coeur du système de régulation climatique
Rappelons que les océans de la planète sont à l'origine de plus de la moitié de la production mondiale de matière organique grâce à l'activité de photosynthèse du phytoplancton marin. Ces micro-organismes en suspension dans l'eau de mer interviennent dans le cycle du carbone en produisant de la matière, grâce au CO2 et à la lumière du soleil. Grâce à des protocoles génétiques originaux, l'équipe de chercheurs, en collaboration avec les universités de Rutgers (Etats-Unis) et d'Ottawa (Canada), ont identifié une multitude de micro-organismes portant ce pigment photosynthétique* - D'après les calculs des chercheurs, dans quelques litres d'eau de mer tropicale il y aurait plus de 1.000 espèces génétiques différentes des haptophytes. Ils formeraient ainsi l'une des composantes majeures du plancton marin. La biomasse de ces organismes serait jusqu'à deux fois plus importante que celle des cyanobactéries ou des diatomées, deux groupes de phytoplancton considérés classiquement comme les champions de la photosynthèse dans les océans. En plus de se nourrir de lumière via la photosynthèse, les haptophytes ''mangent'' des proies bactériennes, de la matière organique ou des pico-protistes (protistes d'une taille de l'ordre de 1 à 2 microns) et complémenteraient ainsi leur régime alimentaire tout en se diversifiant, explique Colomban de Vargas, de la station biologique de Roscoff chargée de l'étude des protistes marins. Cette étude met en évidence le rôle de la biodiversité du plancton océanique dans la régulation du climat. Si le plancton constitue 98 % de la biomasse de la mer, il absorbe plus de la moitié du CO2 et produit 50 % de l'oxygène. Identifier la richesse et le fonctionnement de la biodiversité du plancton océanique est indispensable à la compréhension des régulations climatiques par le vivant, souligne Colomban de Vargas.
Après avoir dérivé en Arctique de septembre 2006 à janvier 2008, la goélette Tara va reprendre la mer, pendant trois ans, pour étudier les planctons présents dans toutes les eaux du globe, afin de mieux comprendre l'écosystème marin et l'impact du changement climatique, de l'acidification des océans sur cette vie sous marine. 98 % de la biomasse des océans est constituée de micro-organismes. On n'en connaît pas 10 %, souligne Romain L'objectif est de traverser le maximum d'océans et d'accumuler des échantillons pour pouvoir les comparer et comprendre au bout du voyage le fonctionnement des écosystèmes et pouvoir anticiper ce qui se passera plus tard, explique Romain Troublé. De la Méditerranée à l'océan Arctique, en passant par la mer Rouge, le golfe persique, l'océan Indien, l'Atlantique et le Pacifique, ce sont près de 150.000 km de mer qui vont être parcourus et scrutés de près sur 3 ans. Virus, méduses, larves de poissons, coraux… pourront être étudiés dans leur ensemble et surtout dans leurs interactions. Les données recueillies par l'expédition Tara Océans affineront la connaissance des organismes marins et des écosystèmes et devraient notamment permettre de construire une carte fonctionnelle des écosystèmes marins sous forme de modèles et de visualisations interactives.
L'Express du 04/09/2009
L'Express
04/09/2009 Tara reprend la mer Par Vincent Olivier La goélette, qui doit quitter Lorient le 5 septembre, va sillonner le globe durant trois ans. Mission: mesurer les effets du réchauffement sur la vie des océans. Trois ans de voyage, 150 000 kilomètres sur toutes les mers du globe, une cinquantaine de pays à traverser: le 5 septembre, la goélette Tara (qui avait déjà achevé début 2008 un voyage en Arctique) va quitter sa base de Lorient pour un périple extraordinaire qui l'emmènera de la Méditerranée à l'Antarctique, du golfe Persique à l'océan Pacifique. Un périple sans précédent qui rappelle, en plus vaste encore, celui effectué par le naturaliste Charles Darwin à bord du Beagle, entre 1831 et 1836. Immersion dans les écosystèmes marins Au-delà de l'aventure humaine, le but de cette circumnavigation est de "plonger dans le monde invisible des écosystèmes marins", pour reprendre l'expression d'Etienne Bourgois, le patron de Tara Expéditions. La goélette va étudier, jusqu'à la mi-2012, l'impact du changement climatique sur la vie des océans: larves de poissons, coraux, mais aussi micro-organismes, virus en tout genre, bref, "tout ce qui absorbe la majorité du gaz carbonique de l'atmosphère", rappelle Eric Karsenti, du Laboratoire européen de biologie moléculaire d'Heidelberg, en Allemagne, et chargé du volet scientifique de l'expédition. Comprendre l'atmosphère via l'océan Tara s'intéressera aussi à l'évolution du plancton océanique, et en particulier aux haptophytes. Ces organismes unicellulaires de 2 à 8 microns (millièmes de millimètre) de diamètre absorbent de grandes quantités de carbone qu'ils entraînent au fond des océans, en mourant. A la fois animaux et plantes dans leur comportement, les haptophytes produisent "la moitié de l'oxygène que nous respirons", selon Colomban de Vargas, chercheur au laboratoire de biologie marine de Roscoff (Finistère) et co-organisateur du voyage. Le réchauffement climatique s'est-il déjà attaqué au plancton? Réponse dans les prochains mois. Article 20minutes.fr du 05/09/09
Article 20 minutes.fr
05.09.09 Trois ans pour tenter de percer les mystères des océans Ils ont trois ans pour tenter de percer les mystères des océans. L'expédition Tara prendra le départ ce samedi de Lorient (Morbihan) pour une aventure scientifique inédite, mobilisant une centaine de chercheurs du monde entier. Le deux-mâts de 26 m de long effectuera un voyage de 150.000 km en soixante escales, l'équivalent de deux tours du monde. Objectif: prélever un maximum de microorganismes dans toutes les mers du globe et étudier les conséquences du réchauffement climatique sur ces êtres vivants. Sur les pas de Darwin Ce projet hors-norme, le biologiste Eric Karsenti, fasciné par le voyage de cinq ans entrepris par Charles Darwin à bord du «Beagles» en 1831, «en rêvait depuis dix ans». Un rêve qui s’est concrétisé après le succès de l’expédition Tara Arctics en 2006. A bord de la goélette, une équipe de chercheurs s’était laissée prendre dans la banquise, dans l’espoir de mieux comprendre comment le réchauffement climatique affecte les pôles. Un succès scientifique, mais aussi médiatique, qui a donné envie au "patron" de Tara, l’homme d’affaires Etienne Bourgeois, de tenter une nouvelle aventure. Encore plus folle. Un écosystème encore largement méconnu Aux quatres coins de la planète, tout ce que les fonds marins comptent de virus, bactéries, planctons ou encore protistes (organismes ni végétaux ni animaux) va donc être récolté, puis envoyé en laboratoire. «Potentiellement, l'expédition peut nous donner du travail pour les dix ans à venir, s'enthousiasme Colomban de Vargas, de la station biologique de Roscoff (CNRS), spécialiste de ces fameux protistes. Pour un scientifique, Tara, c’est la chance d’une vie.» Quant aux résultats, «nous pouvons espérer que nos observations éclairent certains mécanismes de l'évolution, et en particulier ceux qui concernent la survie des individus et des gènes les mieux adaptés», souligne Eric Karsenti. Les possibilités pour la recherche sont, en tout cas, quasi infinies: alors que les micro-organismes sont à l'origine de la vie sur terre et représentent 98% de la biomasse, à peine 10% ont été découverts. Charlotte Mannevy Article Le Monde 20 juin 2009![]() |



